1993 – 06 : Un profil de femme émerge du passé

IL y a de cela sept ans, un article du Bulletin municipal de juillet 1986 avait révélé Antus, celui d’avant, le plus ancien Talançonnais, je ne dirais pas connu, du moins repérable, d’après ses restes rencontrés au cours des fouilles de la villa gallo-romaine de Châteauvieux. Il était difficile alors de se dégager du contexte de ces fouilles et le jeune homme fut attribué généreusement aux premiers siècles de notre ère. Personnellement, il ne nous en fit jamais le reproche mais, par la suite, il fallut le rajeunir de quelques siècles et le ramener au temps des seigneurs de Reyrieux, en bref au XIe. L’erreur est humaine.

Antus n’a plus sa place de précurseur; il conviendrait même de le débaptiser, mais enfin, ce qui est acquis est acquis ; car d’autres tombes ont été mises à jour à Saint-Sorlin lors des travaux de la nouvelle R.D. 28 et celles-ci accusaient l’époque mérovingienne. A cette période qui suivit immédiatement la présence romaine appartient également une femme apparue, ou reparue, comme on voudra, au hasard des travaux du remembrement quelque part sur le plateau. Plateau, actualité, possible vedette, tout ceci pourrait nous mener loin… Reparue en assez bon état, presque par miracle, pour que l’on puisse avoir un lifting, un aperçu de son visage. Tout comme Antus.

Cependant, ce tracé n’accompagnera pas les présentes lignes, il figurera dans un ouvrage dactylographié concernant ce qu’il est possible de savoir du Reyrieux des origines et que chacun pourra consulter à la bibliothèque municipale. Ce sera l’occasion unique de discerner les traits, par-delà l’espace et le temps, d’une inconnue qui vécut très probablement il y a treize ou quatorze siècles.

II est acquis qu’elle mourut encore jeune et puis certaine­ment aussi ce fut une malheureuse, mais dans le cadre d’une époque primitive, le réalisa-t-elle vraiment ?

Pour cette seule et simple raison, je m’en tiendrai envers cette épargnée à une élémentaire décence.

Peut-être eût-elle préféré davantage de publicité, avec le beau sexe sait-on jamais ; en tant que responsable, je ne lui réserve qu’un public justement motivé.

Et puis la bibliothèque municipale vaut bien un détour.

H. BARTHOUX