2002 – 01 : Jean Compagnon

Le Talançonnais, méconnu et bien oublié, remis d’abord en mémoire par un article documenté de Louis Barthoux dans le bulletin municipal de décembre 1989, a désormais son nom associé au plus important complexe bâti de notre commune, le Collège de Reyrieux, le désormais Collège Jean Compagnon.

Ce nom bien oublié fut, un siècle plus tôt, inséparable d’un prestigieux monument métallique de Paris, la Tour Eiffel.

A cette date, en 1889, sur le chantier de la Tour, il était plus célèbre que celui d’un général.

Jean Compagnon commandait à ceux que l’on appelait « Les Voltigeurs », dont les prouesses permirent à Gustave Eiffel de relever le défi de sa Tour. Epreuves et exécution réalisées au dixième de millimètre, structures pré-assemblées en atelier puis montées et rivées par une équipe d’élites (les anciens ouvriers du Viaduc de Gabarit).

QUEL HOMME ÉTAIT JEAN COMPAGNON, RESPONSABLE DE CE CHANTIER EXCEPTIONNEL ?

Né à Reyrieux le 20 janvier 1837, il fait un apprentissage de trois ans en tant que charpentier.

En 1855, il quitte son village natal pour monter à Paris où il assiste à la première Exposition Universelle et où il travaille au service de plusieurs entrepreneurs.

Parallèlement et trois années durant, il fréquente l’école des adultes au Conservatoire des Arts et Métiers afin de se perfectionner.

En 1859, alors qu’il est chef d’équipe charpentier au Viaduc de Vincennes, il fait la connaissance du directeur des travaux de l’entreprise Gouin.

IL s’embarque pour la Russie afin de construire des ponts métalliques sur la ligne de Saint-Pétersbourg à Varsovie.

De retour en France, il se marie en 1863. En 1864, il est chef d’atelier à Villaréal de Zumaraya en Espagne, pour la réalisation du chemin de fer des Pyrénées.

En 1865, il est contremaître chargé de l’édification des ponts sur le Pô puis à Ariano en Italie.

En 1869, nouveau départ pour la Russie, toujours au compte de la maison Gouin, pour la construction d’un grand pont sur la Volga et d’autres encore.

En 1872, c’est le pont Marguerite à Budapest en Hongrie sur le Danube.

En 1876, Jean Compagnon, pour le compte de la Maison Gustave Eiffel, monte des ponts au Portugal sur le Douro, puis en France, sur ta Garonne.

IL se partage ensuite pour des ouvrages de conception audacieuse en Hongrie et dans le Cantal au Viaduc de Garabit.

Parmi d’autres réalisations, retenons, parce que plus proche de nous, celle du pont du chemin de fer de Collonges sur Saône.

Enfin, de septembre 1887 à 1889, il se voit confier la mission du montage de la Tour Eiffel. Quel couronnement pour la carrière de l’apprenti charpentier !

Sa volonté et son intelligence lui valurent d’être promu au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, le 4 juin 1889.

Jean Compagnon décéda le 17 novembre 1900 à Paris et sa sœur Louise, épouse Charbonneau, le fit inhumer, ainsi que sa veuve Jeanne Métra, à Reyrieux, dans le caveau familial proche du rond-point central où il repose toujours. Un tombeau que les Talançonnais pourront désormais honorer de quelques fleurs.

En 2001, s’est posé le problème de la dénomination du nouveau collège de Reyrieux, mis en service dès la rentrée de septembre 2000. L’inauguration officielle en est récente ; elle eut lieu en présence de nombreuses personnalités le 28 septembre 2000.

Le nom de Jean Compagnon fut alors avancé sur la proposition d’un enseignant du collège et retenu d’emblée par les Amis du Village.

Le Conseil Municipal du 17 septembre et le Conseil d’Administration du collège du 18 septembre ayant délibéré favorablement, le Conseil Général, dans sa session budgétaire du 1er octobre, s’est prononcé à l’unanimité sur ce choix.

Le nom de Jean Compagnon se sera donc imposé.

Bâtir des viaducs de fer, c’est relier solidement et pacifiquement des hommes et le faire dans toute l’Europe apparaît d’autant plus à notre époque comme un très beau symbole et un très bon exemple pour nos collégiens.

L’exemple de notre concitoyen Jean Compagnon commençant sa vie active comme apprenti, devenu au fil des ans grand technicien et ingénieur émérite, reconnu par les prestigieux inventeurs de l’époque comme un maître en ouvrage d’art, doit donner confiance à l’ensemble des collégiens quel que soit leur parcours scolaire. e Chatel