Les Moulins

L’ÉPOQUE ROMAINE

L’Histoire de la mouture du grain commence assez tôt à Reyrieux avec les moulins à bras de l’époque romaine, composés de deux pierres, l’une mobile le « catolus » tournant sur la « mola », pierre fixe.

On employait, s’il le fallait, un esclave ou un âne pour actionner le système. Dans les deux villas gallo-romaines de notre commune, nos ancêtres ont du se satisfaire de moulins de ménage actionnés à la main ; les fouilles de Saint-Sorlin ont ainsi livré une « mola » d’un diamètre de 48 cm.

LA FÉODALITÉ ; LA RENAISSANCE

Après l’an 1000, apparaissent les fours et les moulins banaux établis par le seigneur du pays pour le service de ses vassaux, mais utilisables moyennant une redevance.

En 1300, les villageois furent autorisés à posséder un âne pour porter leur grain au moulin, ce qui ne nous précise pas de quel moulin il s’agissait.

La première allusion aux moulins banaux de Reyrieux est de l’an 1520, les habitants se plaignant de leur fonctionnement, ce qui sous-entend qu’il en existait alors au moins deux.

A Saint-Bernard sur le Formans, le moulin est cité dès 1246.

 

 

Cachet de Messire Benoît de Montesan, Chevalier, Comte de Garnerans, Premier Président au Parlement des Dombes, Prévôt des marchands

LES TEMPS MODERNES

Il faut réfléchir au sujet de la Localisation des (au moins deux) moulins banaux de la paroisse ; ils étaient effectivement au nombre de deux.

L’un, complété par un battoir, était détenu en 1751 par le comte de Garnerans, seigneur de Balmont et de Reyrieux. Une installation hydraulique, avec le cortège de servitudes et d’obligations qu’elle entraîne, était faite en principe pour durer longtemps. Rien n’autorise donc à supposer les deux moulins banaux en d’autres lieux et places que ceux de 1751, acquis cette année là par le meunier Perret.

Par ailleurs certaines remarques faites par les riverains de la Grande Rue lors de terrassements en profondeur dans cette partie du bourg, amènent à conclure que le niveau de cette rue fut autrefois considérablement exhaussé, évidemment c’était pour l’établissement du bief d’alimentation en eau du vieux moulin. Ce bief s’écoulait en bordure sous quelques semblants de trottoir.

Dés lors, la rivière locale allait être partagée en deux bras, l’un le bief des moulins, l’autre réservé seulement à l’irrigation des herbages de la plaine.

Au XVII siècle, un certain Humbert OSSET installa sur le dit bief, là où ceci restait possible, un moulin à poudre : il faut comprendre qu’il s’agissait de poudre à canon… Hugues La Fontaine « maistre poudrier » décède à Reyrieux en 1726.

Les anciens registres paroissiaux nous livrent le nom d’un meunier : Maistre Estienne JACQUEMIN ou JACQUELIN « musnier » à Reyrieux « . Il était le parrain en 1662 d’un fils de Jean PERRET Maistre maréchal, faisant partie d’une famille qui, avec Louis PERRET acquéreur en 1751 des deux moulins du comte de Garnerans, allait irrésistiblement s’imposer en tant que meuniers de Reyrieux.

Philippe PERRET est dit meunier en 1747.

 

L’EPOQUE CONTEMPORAINE

LE GRAND MOULIN OU VIEUX MOULIN

C’est le Vieux Moulin actuel, situé en amont, sur le bief, et touchant aux dernières maisons du bourg en 1825.

Il avait été doté d’un colombier sans doute par le sire de Garnerans, comme ce fut le cas à sa ferme de Grange Bernalin, en contre-bas du cimetière. Ce seigneur affirmait être propriétaire des moulins depuis le XVII siècle ; c’est du reste lui qui autorisa la poudrerie.

Auparavant, les moulins banaux appartenaient au Prince des Dombes.

Les bâtiments furent augmentés d’une huilerie par Louis PERRET le deuxième, après le décès de son père, en 1826. Il avait hérité d’un pressoir à huile bien précisé sur le plan cadastral de l’époque, situé sur le bief entre les deux moulins. Il s’agissait à l’évidence, du moulin a poudre du siècle précédent transformé alors en huilerie.

La date 1800 qui figure sur la « chanée » ou aqueduc peut correspondre a la construction en dur de ce canal sur un mur continu à l’origine. Cette modernisation remplaçait une primitive installation en bois.

Le moulin, après quatre générations de la famille PERRET, fut attribué en 1904 au gendre François MARTIN et fut électrifié. A la saine odeur de farine s’ajoutait le cas échéant la chaude senteur du « maton » (résidu des graines dont on extrait l’huile) émanant du pressoir à huile.

Après 1953, Monsieur PESERY prit la meunerie durant quelques années. Puis le Vieux Moulin cessa définitivement de moudre en 1967.

LE PETIT MOULIN

Selon les termes de la vente de 1751, il se complétait alors d’un battoir (autrement dit d’un martinet) mû par la force hydraulique utilisé pour battre ou « teiller » le chanvre, dont la culture était autrefois importante dans la localité.

Cédé puis racheté par la famille PERRET, ce moulin échu par mariage au gendre de Jean-Claude PERROUD en 1827. Le nouveau propriétaire remplaça la petite roue par une plus grande, de 530 cm.

Ce moulin entra dans la famille FRANGIN, originaire de Parcieux. Electrifié au XX siècle, il était pourvu de l’appareillage le plus moderne.

Popularise par les journées du patrimoine jusqu’à une date récente, le petit moulin appartient désormais au passé.

Saluons, en Maurice FRANGIN, le dernier diligent meunier de Reyrieux.

LE MOULIN DES EAUX MINERALES

Celui-ci fut le bien en propre d’un rameau de la famille PERRET, la lignée des Jean-Claude.

Jean-Claude PERRET, d’abord aubergiste à Balmont, obtint du conseil municipal en 1817 l’autorisation d’établir un moulin, son bief et sa digue, sur la rivière en amont du village et sur ses terrains de la rive gauche. Une telle prolifération des meules au XIX siècle ne doit pas surprendre : a côté du vin, à Reyrieux, le blé restait la principale production de la commune.

Le bief débouchait à l’intérieur du bâtiment sur la roue qui était ainsi protégée.

Jean-Claude PERRET, le deuxième du nom, fut le promoteur des Bains en 1860. Le canal devait devenir ensuite le lavoir de l’Hôtel des Eaux.

En 1893, les Bains sont fermés, la propriété vendue. Le Moulin cessa son activité qui avait duré une soixantaine d’années. Ce moulin est aujourd’hui résidence particulière dans le complexe bâti de l’ancien Établissement des Eaux.

Roue de pierre
LE QUATRIEME MOULIN DE REYRIEUX

A son origine ce fut le moulin à poudre du Sieur OSSET vers 1700.

Il fut transformé en pressoir à huile (qui figure en ces termes sur le plan de 1823), entre le Grand et le Petit Moulin, au 190 de la rue actuelle du Stade (en face de l’école maternelle).

D’après les documents cadastraux, ce fut Louis-François PERRET, neveu de Pierre, le dernier des PERRET meuniers du Grand Moulin qui, sans doute après 1885, en fit un moulin pressoir.

Louis-François est précisé exploitant de moulin à Reyrieux lors de la vente des fonds à un cabaretier de Balmont. L’activité meunière ne semble guère y avoir dépassé une trentaine d’années.

La Minoterie

Construite vers 1936, par Monsieur PAUGET, dans le bas du bourg, cette imposante bâtisse à 3 étages berça du ronronnement de ses broyeuses à cylindres tout le village durant 35 années. L’essentiel du grain y était livré par camions.

Lorsqu’elle cessa son activité, en 1973, la commune de Reyrieux l’acquit pour y installer le local des pompiers et pour diverses salles de réunions.

La minoterie fut démolie en 1993, lors de l’opération « Cœur de Village », pour faire place aux immeubles actuels.