Trévoux – Histoire

Le nom de Trévoux dérive peut être du latin trivium (trois voies) qui signifie carrefour où se rejoignent trois voies ou probablement du nom de famille juif (variantes Dreifos, Dreifous, Dreifus, Dreifuss, Dreyfous, Dreyvous) nom de famille de juifs : les Trèves (Allemagne).

Histoire

En 843, le traité de Verdun partage l’empire de Charlemagne. La Saône matérialisera la frontière entre le Royaume de France et l’Empire, où se situe Trévoux.

C’est à cette situation frontalière que Trévoux devra son statut politique particulier.

À partir du XIIIe siècle, le péage fluvial établi à Trévoux, prend de l’importance et la ville se dote d’un château fort et d’une enceinte.
XVe siècle

Trévoux (Trevos au XIe s.) appartint aux XIIe, XIIIe et XIVe siècles aux sires de Thoire-Villars, dont le dernier, Humbert VII, vendit le fief en 1402 à Louis de Bourbon. Peu après fut constituée la principauté de la Dombes (1424-1762) dont Trévoux fut la capitale, ayant parlement et hôtel des monnaies. À la suite de la trahison du connétable de Bourbon, François Ier confisqua le fief de Trévoux ; celui-ci, pourtant, revint plus tard aux Bourbon-Montpensier et fut donné en apanage à Mlle de Montpensier, la Grande Mademoiselle.

La ville de Trévoux, capitale du pays de Dombes, a été longuement habitée d’une synagogue après que les Juifs eurent été chassés des terres de France. Le pays était tenu en souveraineté par les ducs de Bourbonnais, comme il l’était en 1573 par monseigneur le duc de Montpensier. Le 30 juin 1417, le seigneur du lieu permet aux Juifs de continuer à étudier le Talmud comme ils ont accoustumé le temps passé, contrairement à la décision prise à Chambéry en janvier 1417 où les livres des Juifs avaient été saisis, condamnés et brûlés.

Henri de Villars, archevêque de Lyon et seigneur de Trévoux, avait stipulé dans la charte qu’il avait donnée à cette ville en 1300 qu’aucun Juif ne devrait être autorisé à s’y installer. Un certain nombre de Juifs néanmoins avaient obtenu la permission de s’y établir, moyennant le paiement d’une taxe annuelle de 15 livres.

Bannis de Lyon en 1420, les juifs s’établirent à Trévoux et y formèrent de puissantes confréries, s’occupant principalement de l’étirage de l’or et de l’argent. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937). En 1425, ils furent obligés de contribuer largement à l’emprunt forcé que la ville a dû faire pour la duchesse de Bourbon. Les juifs qui travaillaient l’or et l’argent étaient autorisés à battre monnaie et les gravures étaient fort belles et la frappe était considérable. Lyon ne faisait presque point de lingots pour le trait d’argent tout venait de Trévoux. Cette industrie faisait vivre à Trévoux plus de 500 personnes qui produisaient jusqu’à 6000 lingots d’or et pour 160 000 marcs de trait d’argent. Cette industrie était à coup sûr la plus florissante de la ville.

En l’an 1429, les habitants catholiques, jaloux de la prospérité commerciale des juifs, se plaignent à madame Marie de Berry, duchesse de Bourbonnais et dame souveraine des Dombes, et à monsieur Amé de Thalaru archevêque de Lyon, leur prélat, de superstitions que véhiculeraient les juifs dans leurs livres et qui contiendraient des blasphèmes contre la religion chrétienne.

À la demande de l’archevêque, la duchesse de Bourbon a ordonné une enquête, qu’elle a confiée à maître Jean Reux, juge ordinaire du Beaujolais et à maître Jean Namy. juge d’appel du Beaujolais, Jean Chalon, licencié en droit, et à Aymie de Chambéry, un Juif converti au catholicisme, qui a été chargé d’inspecter les livres hébreux et de traduire les passages répréhensibles. Des perquisitions sont menées. Les livres ayant trait au Talmud sont mis sous clef et les Juifs sont sommés de payer chacun vingt-cinq marcs d’argent et de dire vérité sur ce qui leur serait demandé. Un procès fut fait et rapporté au conseil de Madame de Bourbon et il fut fait ordonné aux juifs de quitter la ville de Trévoux. Ainsi furent chassés en 1429 les juifs de la ville de Trévoux et de Dombes. Trois ans plus tard, quelques-uns d’entre eux rentrèrent, mais ils furent de nouveau chassés en 1467, et il y eut une autre expulsion en 1488. Un certain nombre de ces Juifs a ensuite pris le nom de «Trabot» ou «Traboto», indiquant leur lieu d’origine.
XVIe siécle

En 1523, François Ier, roi de France, confisque la Dombes et institue à Lyon un Parlement pour le pays de Dombes.

La ville fut desservie par les tramways de l’Ain et leur ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique pour Jassans et Bourg-en-Bresse, qui fonctionna de 1897 à 1936.
La ville était également reliée à Lyon de 1882 à 1938, par la Ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux

En 1560, le pays de Dombes est rendu aux Bourbons.

Trévoux est aussi connu pour le tréfilage (l’étirage) des métaux précieux notamment les fils d’or et d’argent utilisés dans l’industrie de la soie lyonnaise. Grâce à son statut particulier, les tireurs d’or qui y venaient pour étirer les fils n’avaient pas à payer la taxe sur l’argue royal (machine permettant d’étirer les fils) de Lyon.
XVIIe siècle et XVIIIe siècle

À la fin du XVIIe siècle, deux grands princes souverains, Anne-Marie Louise d’Orléans, (la Grande Mademoiselle), et son successeur Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, font édifier deux monuments qui marquent encore aujourd’hui le paysage trévoltien : l’hôpital Montpensier et le palais du Parlement de Dombes. La ville fut la riche capitale de la Principauté de Dombes et siège d’un parlement de 1697 à 1771 : le Parlement de Dombes.

Trévoux fut aussi, aux XVIIe et XVIIIe siècles, un centre intellectuel. Son statut d’extraterritorialité avait attiré des libraires et imprimeurs désireux de pouvoir exercer sans trop craindre la censure.

L’imprimerie de Trévoux, fondée en 1603, devint célèbre sous le règne de Louis XIV ; ses directeurs fondèrent une Académie, dite Société de Trévoux, qui publia les « Mémoires pour l’histoire des Sciences et des Beaux-arts », plus communément appelés Journal de Trévoux (1701-1775), recueil littéraire fondé et dirigé par des auteurs, pour l’essentiel jésuites parisiens, qui entretinrent par leurs articles philosophiques une longue polémique avec Voltaire et qui combattirent violemment les encyclopédistes entre 1745 et 1762.

Ils publièrent le Dictionnaire de Trévoux et les Mémoires de Trévoux. Le dictionnaire de Trévoux fut l’un des premiers en langue française. Il constitue aujourd’hui encore un ouvrage de référence recherché par les bibliophiles.

En 1762, la Principauté de Dombes est définitivement rattachée à la France et perd les avantages fiscaux qui en faisait une sorte de Monaco.
XIXe siècle

Elle conserve néanmoins son industrie de l’étirage d’or et d’argent et devient progressivement la capitale mondiale de la fabrication non plus du produit mais de l’outil : la filière. En 1865, un ouvrier de Trévoux parvient à percer le matériau le plus dur connu : le diamant. L’industrie trévoltienne de la filière en diamant est florissante au XIXème siècle avant de décliner à nouveau avec les progrès techniques (perçage par laser etc…).
XXe siècle

La ville fut une sous-préfecture de l’Ain jusqu’en 1926.

La rafle du 26 août 1943 : 46 juifs résidant à Trévoux sont arrêtés parce que Juifs et internés à l’école Bichat à Bourg-en-Bresse. René Nodot, délégué du Service social des étrangers pour l’Ain et le Jura, réussira à sauver de la déportation plusieurs d’entre eux.

De la fin du XIXe siècle jusque dans les années 1950, Trévoux sera un centre important de traitement du diamant.