Le Franc-Lyonnais

A côté de la Principauté de Dombes et à partir de biens acquis peu à peu depuis le Moyen-âge des sires de Villars et de Beaujeu, l’Eglise de Lyon avait patiemment constitué un autre petit état privilégié qu’on appela le Franc-Lyonnais.

Il se composait de deux fractions inégales, réparties sur la même rive gauche de la Saône, de part et d’autre de Trévoux, en Terre dite traditionnellement « de la Part d’Empire ».

En premier, plusieurs villages qui sont dans les limites actuelles du département de l’Ain :

Bernoud qui appartint d’abord à Massieux, puis à Civrieux ; Le quart de Civrieux et une partie de Saint Jean de Thurigneux.

Des villages actuellement dans le département du Rhône, dont Genay, ensuite d’une enclave en Dombes renfermant Saint Bernard, Riottier et un tiers de Saint Didier de Formans

Genay, puis le Bernoud, ravagés aux XII et XIV siècles, y furent les sièges successifs d’une châtellenie créée par les Chanoines Comtes de Lyon. C’est en récompense de leur fidélité et du zèle apporté à la fortification de ces deux villages que les habitants se virent affranchis de toutes les servitudes féodales, à la date du 16 janvier 1376,

Saccagé par le Seigneur d’Entremont ce territoire dut finalement être placé sous la protection du Comte de Savoie en 1368.

Plus tard, lorsque Lyon fut soumis au Roi de France, les habitants demandèrent et obtinrent de François 1er le maintien de leurs privilèges.

Ces droits qui sont à l’origine de l’expression « Franc-Lyonnais » furent par la suite confirmés plusieurs fois par la couronne de France, d’où une situation particulière qui se prolongea jusqu’à la Révolution.

Ses 4000 habitants au XVIII siècle, dispensés selon les termes de Debombourg, « de la taille, des droits de gabelle et du logement militaire » nommaient un syndic général et un procureur-syndic pour les représenter et défendre leurs droits.

L’ancien Franc-Lyonnais est aujourd’hui partagé entre les départements de l’Ain et du Rhône.