La crue de novembre 1840 : La crue de référence pour la Saône

Occasionnée par des pluies diluviennes ayant couvert l’ensemble du bassin, renforcée par des orages répétitifs à l’aval et par un très fort vent de sud, la crue de 1840 est, sur la Saône, l’évènement le plus important dont l’homme ait gardé la traceElle causera la mort de plusieurs personnes, et détruira plus de 2000 maisons. Cette crue est donc utilisée comme crue de référence pour l’élaboration des plans de prévention du risque inondation de la Saône.

  • L’été 1840 est assez sec, mais un premier épisode pluvieux occasionne un petite crue en septembre. A partir du 19 octobre de nouvelles pluies élèvent les niveaux des cours d’eau et saturent les sols. Ces pluies s’intensifient à la fin du mois, provoquant un premier débordement de la Saône sur le haut du bassin, sans trop de conséquences.
  • Cependant, du 27 au 30 octobre des vents violents et chauds venant du sud apportent de nouvelles pluies intenses. Cet épisode provoque la crue des affluents avals, notamment la Seille, la Reyssouze, la Veyle, la Chalaronne et l’Azergues. Ces crues alimentent la crue générale de la Petite Saône et du Doubs, et provoquent une première série de débordements, inondant la plaine de la Saône à l’aval de Chalon-sur-Saône.
  • Les averses torrentielles reprennent début novembre. La Saône subit l’action combinée de l’apogée de sa crue principale, causée par la succession des précipitations précédentes et de nouvelles averses au nord, et une crue importante de ses affluents aval, principalement l’Azergues et la Turdines.

A cela s’ajoutent les forts vents du sud qui ne faiblissent pas et provoquent la formation de vagues importantes à la surface des flots qui participent aux destructions des habitations, et handicapent les sauvetages.
Dans les villages du Val de Saône, les maisons construites en pisé, terre crue compactée, s’écroulèrent au contact de l’eau. Plus de 400 maisons furent détruites en Saône et Loire, et près de 1 000 dans l’Ain.

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Les hauteurs historiques furent largement dépassées de Chalon-sur-Saône jusqu’à Lyon. La hauteur, la vitesse et la durée de submersion ont fait de cette crue de novembre 1840, la crue de référence, c’est à dire la plus forte crue connue de mémoire d’homme pour la Saône.
D nombreux récits ont rapporté la violence de cet événement. C’est le cas notamment du récit du Docteur Pierre-Casimir Ordinaire qui rapporte en ces termes : « la nuit du dimanche au lundi fut affreuse ; la moitié de la ville de Mâcon était envahie, et les déménagements continuaient. On n’entendait que cris et lamentations ; le tocsin qui retentissait dans toutes les communes de la Bresse, le bruit des maisons qui s’écroulaient, l’obscurité produite par le manque d’éclairage (les conduits de gaz étant obstrués), les mugissements des eaux, jetaient dans l’âme un sentiment d’horreur impossible à dépeindre. »