Les étangs, une histoire d’eau …

 

Photo etangs

Le thou, marqueur du paysage dombiste, permet de vidanger l’étang. © Aintourisme / Aline Périer

L’une des premières mentions d’un étang dans les archives remonte à 1230, date à laquelle Marguerite de Beaujeu donne à la chartreuse de Poleteins (à Mionnay) divers biens parmi lesquels un étang aménagé.

A partir du 13e siècle, les ecclésiastiques et les nobles encouragent la création d’étangs. Il constitue alors une source importante de revenus. Le poisson se vend bien, notamment en raison des obligations religieuses, le nombre des jours maigres englobent les quarante jours de Carême, le mercredi, le vendredi et le samedi ainsi que nombreuses fêtes calendaires. La production piscicole se dirige vers les villes de Bourg, Mâcon et Lyon ou la Savoie. Les créations d’étangs sont nombreuses du 14e au 15e siècle.

Sous l’Ancien Régime, les étangs vont se développer pour couvrir jusqu’à 20000 hectares au milieu du 19e siècle. A cette époque, la carpe est le poisson d’eau douce le plus consommé en France. Les poissons sont acheminés par bateaux-viviers sur le Rhône jusqu’à Valence et sur la Saône.

A la Révolution, on remet en cause l’utilité des étangs et leur assèchement est envisagé en vue d’augmenter les surfaces cultivables. Une ordonnance de 1790, renouvelée en 1793, prévoit l’assèchement de toutes les terres inondées de France, mais le texte est abrogé par le Directoire.

En 1808, le débat est relancé suite au rapport du préfet de l’Ain Bossi qui dresse un portrait peu flatteur du dombiste et met en cause l’insalubrité de la région. Une importante polémique est entretenue à ce sujet, alimentée en son temps par Edgar Quinet. Une nouvelle loi votée en 1856 et la création de la voie ferrée Bourg-Lyon aboutissent à la suppression de près de la moitié des étangs en un siècle. En 1874, il n’en reste que 8750 hectares. Parallèlement, la concurrence du poisson de mer se fait jour grâce au développement des transports.

Dès 1901, la loi Bérard autorise la remise en eau des étangs. Leur nombre est stable à partir des années 1930 : un millier pour 11000 hectares. Aujourd’hui, leur surface moyenne est de 10 hectares même si certains en couvrent une centaine.