la coutume des étangs

coutume des etangs

Coutume des étangs, Manuscrit de J. B. Riboud dit l’aîné, vers 1770. © Archives départementales de l’Ain / 2 J 14

Dès le Moyen Age, l’étang constitue un moyen adapté à la mise en valeur des sols imperméables de la Dombes. Il est source de richesses en fournissant le poisson, complément de nourriture aux céréales dans le régime alimentaire. Une fois vidé de son eau, il favorise la fertilisation et la culture du sol.

Dès le 13e siècle, l’exploitation des étangs en Dombes nécessite la mise en place de règles qui régissent l’utilisation des étangs et la gestion de l’eau. Au cours des siècles, les usages et les droits ont évolué.

Considérés « d’intérêt public » au 15e siècle, il suffit dès lors d’être propriétaire d’un point bas pour construire un étang, en inondant au besoin les terres voisines. De ce droit d’inondation découle la dissociation de la propriété de la terre et de l’eau. Accompagnant cette mise en place, tout un ensemble d’usages s’instaurent, identifiant les droits et les devoirs respectifs des nombreux propriétaires et usagers de l’eau et du sol. Ils sont formalisés par écrit dès le 17e siècle. De nos jours, les droits et les devoirs concernant la circulation de l’eau entre les étangs sont toujours d’actualité. Un étang ne fonctionne pas isolément. Il est solidaire d’un réseau complexe de fossés et de biefs ; remplir ou vider l’étang dépend d’un amont et d’un aval. C’est donc autour des réseaux hydrographiques et des droits d’eau qui relient aussi bien les hommes que les étangs, que s’illustrent les champs d’application du droit coutumier.

Pendant près de huit siècles, la pêche en Dombes s’est organisée et perfectionnée donnant naissance à des techniques aussi complexes qu’anciennes qui nécessitent une maîtrise du milieu et de ses contraintes. Dans les lueurs de l’aube, d’octobre à mars, on peut assister à de pittoresques scènes aux gestes séculaires. La pêche est aujourd’hui le moteur d’une activité économique locale puisque la Dombes figure parmi les premières régions piscicoles en eaux douces de France.